Rollo Greb Editions

Yes they can – l’élection de Trump

Mercredi matin. Je ne sais pas vraiment quelle heure il est. La tête dans le coaltar, je tâtonne dans le noir pour trouver mon portable. Je sais même pas pourquoi je fais ça. Un vague souvenir d’un imminent résultat historique, la promesse de me réveiller tôt pour savoir, tout en étant persuadée que je me rendormirai bientôt, en me disant « tu vois bien que c’était impossible ! ». L’écran s’allume. 5h11. Machinalement, j’ouvre mon fil d’actualité Facebook. Une actualisation plus tard, je vois la photo d’une foule et au milieu, cet homme à la touffe blonde platine. 94 % de chance de gagner.
Putain. Ils sont cons les américains. C’est ce que j’ai pensé un peu avant 8h, quand Donald Trump était presque officiellement élu. Au fond, pas mal de gens autour de moi devaient penser la même chose. Nous, on ne fera jamais ça. On vaut mieux que ça. On est plus intelligents, nous !
Ça fait une semaine que s’enchaînent manifestations, larmes, cris, hurlements face au déni de démocratie. Oui, Hillary Clinton a eu plus de voies que son concurrent. Oui, Donald Trump est sans doute un odieux type, misogyne et raciste. Mais n’empêche, les américains ont voté. Les américains l’ont élu. Selon la Constitution démocratique des États-Unis. Quoi de pire que de contester une élection qui a montré que la démocratie était capable d’élire le candidat du « petit peuple », des inutiles ? Ça nous replonge dans nos contradictions, nous, jeunesse éduquée, qui nous voyons déjà dans la peau des élites. Non , la démocratie ne fait pas de nous les rois du monde, et ça c’est un très dur retour à la réalité. Peut-être que les États-Unis de Donald Trump courent à la catastrophe mais nous ne pouvons pas critiquer l’aspect démocratique du vote. Ce serait se battre pour ce pourquoi on se bat. Alors c’est comme ça que marche la démocratie de la jeunesse dans la rue ? Pas chez nous mais chez les autres ? Avoir peur, c’est normal. On plonge dans l’inconnu. D’un certain coté, c’est une nouvelle page de l’Histoire qui s’ouvre, et en mai 2017, chez nous, nous en serons les acteurs. Peut-être que l’élection de Trump aura surtout pour effet de nous montrer que tout est possible. Une piqûre de rappel pour qu’on fasse bien nos choix, quels qu’ils soient. On dit jamais deux sans trois : Brexit, Trump et quoi ? Alors si une femme est élue l’année prochaine en France, on pourra se réjouir du plafond de verre brisé, de la chute des élites ou pleurer pour l’Union Européenne et pour la France, pays d’accueil, pays ouvert, mais se plaindre de notre démocratie gâchée, jamais. Une élection, n’est-ce pas avant tout entendre la voix du peuple, même si cette voix nous fait peur ? Nous avons six mois pour méditer.

Adresse de l’image : www.rtl.fr/actu/international/election-de-donald-trump-therapie-collective-a-new-york-pour-digerer-l-annonce-7785719748

Louise Bigot

 

 

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