Rollo Greb Editions

Le Vrai Lieu

/

A LIRE EN ECOUTANT L’ENREGISTREMENT -QUI LUI DONNE SON SENS ENTIER- EN LIEN ICI-MÊME :

https://soundcloud.com/user-291127437/le-vrai-lieu-a-ecouter-en-lisant-le-texte-en-lien-dans-la-description

Seuls les mots en italique sont lus

/

« Le vrai lieu,

il vit en l’aqueux, qu’il est lui-même en partie (comme nous).

Il a des mouvements de différentes qualités,

Qu’on peut apprécier seulement s’il remonte en surface nous en faire les dessins. »

Le vrai lieu vit donc dans l’eau.

C’est un poisson le lieu.

(voir le très instructif article de Normandie Fraîcheur Mer : http://www.normandiefraicheurmer.fr/recettes-et-si-on-cuisinait/denomination-de-vente-des-especes/46-lieu-colin-lieu-jaune-ou-autres-especes.html)

« Il faudrait se figurer ce qu’est un faux, genre en plastique, en ferraille, en céramique ou autre.

Je me demande si on en trouve dans les sculptures des fontaines.

Je me demande aussi si il émet des sons pour communiquer avec ses pairs ou pour d’autres buts.

(Comme ici : http://www.reflexions.uliege.be/plugins/VideosPlugin/jsp/modaleVideo.jsp?idVid=c_386282)

Et si on peut lui accoler l’adjectif « vrai » seulement pour son hypothétique faculté à émettre des sons.

Non, on ne parle pas seulement du sonore ici. »

:::::

Le lieu est un poisson.

Donc « le vrai lieu » est véritablement un pléonasme.

Car un lieu n’est pas faux.

Les animaux ne le sont jamais.

:::::

L’ être humain non plus.

Mais l’être humain peut être dans le faux,

se mouvoir dans le faux, en pensant être dans le vrai.

« Le vrai lieu

Celui qu’on a au-dedans.

Le vrai lieu

qui est toujours là.

Le vrai lieu

Ce à quoi on s’accroche, en quoi on s’approche en s’éprouvant.

Le vrai lieu : la sensation. »

:::::

Oui, l »être humain peut être dans le faux,

se mouvoir dans le faux, en pensant être dans le vrai.

Mais c’est seulement par ce et parce qu‘il pense qu’il se fausse, ou plutôt qu’il se meut dans le faux.

C’est cette expérience du faux qui nous pousse à dire qu’une personne est fausse.

Nous exprimons alors uniquement notre confusion entre l’expérience pure et notre interprétation de l’expérience.

Une expérience ne peut être fausse en elle-même, si on la définit comme expérience indépendante d’un sujet pensant.

L’interprétation oui :

« Il est rempli d’infinis possibles.

Ou plutôt ceux-ci se trouvent en lui,

car lui ne peut être délimité.

Il n’est pas limité

Il n’est pas prononçable

Il n’est pas possible d’en parler

Il ne se laisse pas cerner

Il est ouvert sur tout, Grand

Très Grand, en infinités.

Il est insoumis

Libre de tout

De tout propos

De toute volonté

Il est là

En toi :

Ce silence que l’on ne peut nommer. »

:::::

L’être humain n’est pas faux en lui-même, en son essence.

(Si l’on reste dans les oeillères modales conséquemment existantes par l’usage de ces mots)

« Il peut se changer en Elle.

Elle peut se changer en Nous.

Nous sommes Elles et Elles sont Nous.

Tu pries, Je pleure

Ils – On s’émeuvent

Car on ne peut le définir. »

:::::

Quand on dit d’une personne qu’elle est fausse, on ne fait que la situer, la statuer dans le faux, on exprime le faux de surface, en surface, superficiellement situé, on ne dit pas que cette personne est essentiellement fausse.

Si on le dit c’est qu’on se situe nous-mêmes dans l’illusion, en surface, qu’on a pas accès à notre « profondeur ».

En d’autres mots on parle de la superficialité, la superficialité illusoire en et par laquelle nous nous leurrons.

La superficialité de l’individuel.

Nous parlons donc de la surface de nous-mêmes.

De même avec ces mots, avec la meilleure des volontés pour tenter une explication des plus limpides, je ne reste qu’à la surface immanente à ma compréhension.

Il faudrait que je puisse te le dire en vrai, en face-à-face, de manière réellement empirique.

Et même comme ça, même si je m’efforçais du mieux que je le pouvais à te l’expliquer, je ne serais pas situé dans le vrai, mais seulement dans ma compréhension -en ma propre surface.

Je ne t’exprimerais que « mon » réel.

::::

Donc si l’on ne fait qu’exprimer notre propre confusion de surface (sans réaliser que cette interprétation n’est définissable que parce que c’est la nôtre), la conclusion lucide est qu’on se fausse nous-mêmes.

Qu’on se fausse en surface.

Ce qui peut sans nul doute nous amener à nous fausser en profondeur.

Le faux appelle le faux.

Et, en une autre manière, il peut aussi appeler le vrai :

On peut considérer qu’on prend un risque sain à ne pas se dévier volontairement de notre faux, car -qu’on le réalise ou non- il nous amène En l’Instant dans l’impasse de notre propre compréhension, comme Ici et Maintenant, nous confrontant alors à l’absurdité de notre « pensement ».

(explication développée dans les textes « Penser = Panser »).

:::::::

Pour reprendre l’exemple du lieu -le poisson-, c’est comme si on dit « ce lieu est faux » par le seul fait qu’il nage hors de l’eau.

Si on s’en tient au « bon » usage des mots (en ce qu’on définit en langue française comme le domaine de la « raison ») :

C’est complètement absurde, on a jamais vu un lieu nager hors de l’eau !

On ne peut pas dire d’un poisson qu’il nage s’il se trouve hors de l’eau !

Du moins pour développer mon propos je pars du principe qu’on s’accorde sur ce point.

Et de plus, on ne parle que de ce lieu qu’on voit, particulier, pas du lieu en général.

Si on voit un lieu encore vivant à l’air libre on voit qu’il se débat, se bat pour survivre ou se débat de douleur, au bout de l’hameçon du vrai, la cause et l’effet qui le tient suspendu par la bouche.

Mais on ne peut pas dire que ce poisson est faux, ni qu’il est dans le faux parce qu’il est hors de l’eau, parce ce qu’il s’est fait attrapé, extirpé hors de l’eau.

C’est lui qui mord l’hameçon et non l’hameçon qui le mord…

Le seul fait concret en cette « allégorie » est que ce lieu est maintenant accroché à cet hameçon.

Pour l’illustrer d’une autre manière, reprenons-le dans un filet, car c’est strictement la même chose :

Qu’on dise que le poisson s’est fait prendre dans le filet ou que le filet a pris le poisson, c’est nous qui le disons.

Le poisson est dans le filet, quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense.

:::::

Quant à « l’Espace » et au « Temps »:

On peut dire d’un lieu géographiquement et/ou temporellement situé qu’il est faux.

Mais, encore une fois, on ne parle pas du lieu en lui-même, pour lui-même. On n’exprime seulement notre position par rapport, en réaction à la vision de l’autre, de celui ou celle qui l’a statué, l’a situé.

Et, j’insiste, car cela me paraît évident, on ne parle qu’à partir de notre vision -grâce à laquelle on s’imagine, on pense quand/où ce lieu se situe-.

:::::

Si on élargit notre vue à l’ensemble du tableau on pourrait appeler ça la vérité de la situation, le réel, la réalité.

Elle seule existe, en elle-même, concrètement, réellement, que nous soyons là ou non, que nous en pensions quelque chose ou non.

:::::

Je n’invente rien.

Comme Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) l’a à mon sens très bien écrit :

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

(Traité élémentaire de chimie, 1789)

C’est l’immanente « impermanence » (terme d’origine bouddhique) inhérente et essentielle à la vie même, contenue et intrinsèque à la définition du mot ÊTRE.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Donc si t’es vraiment bien situé tu vois :

Tu vois que Tu ne peux Vrai rien y faire,

Tu ne peux ni faire, ni Te/ni T’en défaire,

ni statuer « le vrai », ni statuer « le faux »,

ni « Te » situer

si Tu ES du coup.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Personne ne le voit

Personne ne l’entends

Personne ne le goûte ne le touche ne le sens

Tout le monde de lui

Tout le dit

Tout le dit :

« Ça m’échappe

Le son le sens des mots m’échappe

Par les chapes en plomb de ma belle et illusoire compréhension

Le son s’échauffe, s’échappe,

le monde me tend, m’écharpe,

m’entraîne me braque

m’escarpe hors sol

puissan-em’porte m’largue hors d’la cale

Ciel

.

.

.

.

.

.

Sol

Stice

en-deçà du vers

m’encéphale-l’aulne coule hors de terre

Ma mue se craque

En deux

Et-essaye de croasser-essaye de croire que j’crois en « dieu »

Au bac de tes baskets Tu tentes,

T T’imagines tout foutre en l’air,

Tu crantes

Tu sangles

T Tu T’excaves

Tu

CROIS QU’ TES BASQUES COGNENT

COLLENT

« Tu » t’illusionnes :

c’est ton mollet. »

Et, pour finir, monte le son et clique sur cette vidéo:

http://www.traduzic.com/traduction/kendrick-lamar/alright-1

(en essayant d’éclipser sa vision des femmes, les « bitch » et « pretty pussies »)

Jean Fle.

Photo : © Citron / CC BY-SA 3.0 (wikipédia)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *