Rollo Greb Editions

Gris, pluie, et voile blanche dans l’étendue bleue

Mon vrai lieu est un lieu de vide.
Le toujours, le jamais, le nulle part
Présent, laisse-moi te saisir…

Merveilles que ces premiers matins quand tout dort,
Quand le sel de la mer sur mes lèvres gercées,
Cristallise la moiteur de l’ombre fugitive
Et toi, ivre, tu cries à la mer de rester,
De ramener toujours l’écume blanche au creux des roches.
Mon vrai lieu, ma Bretagne, ajoncs en fleur et granite,
Tu vis quand rien ne vit dans l’insouciance des souvenirs.

Fenêtre ensoleillée,
Lumière de poussière dans le silence du temps ;
Anomalie de l’existence offrant le doute à toute certitude.

Vrai lieu, dis-moi qui de nous deux habite l’autre ?
Comme une force centrifuge derrière mes côtes tremblantes,
puissante magie, vice de mes nuits, est-ce toi ?
Sur ma feuille verte, brouillon taché de pluie,
mes mots ont le goût de tes mots.

Ramène-moi, là où mes cheveux volaient
Collés en mèches salées par les embruns sauvages
Sable fuyant.
Sur ces galets où je peignais des aquarelles délébiles.

Ta peau, dis-moi que ta peau porte son nom,
Que ta peau est ce lieu en ce lieu qui me semble si vrai
Ou bien est-ce de moi que vient la vérité ?
Ou bien est-ce des vignes et des rires d’été ?

Huit heures, ciel orageux, je sens que tu es là dans les cendres des nuages
Donne-moi à voir la pluie et l’odeur de la pluie,
pour défaillir encore entre tes paumes tièdes.

J’ai touché quelque chose de trop pur pour l’écrire,
Espace entre l’interdit et le château de sable…

Vrai lieu de ton absence, abri de toi
Partout où tes folies ne me rattrapent pas…
Regard errant et vide, vrai lieu de mes angoisses.

 

Photo et texte : Octave Saro.

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