Rollo Greb Editions

Ces sectes qui nous oppressent

Si tu es un être vivant, alors pas de doute, tu en as déjà fait la connaissance. Dégoûté par la couleur de leur peau, écœurée par leur attirance sexuelle contre nature, agressé par leur apparence difforme, apitoyée par leur situation financière.
Dans le milieu, nous on appelle ça une secte. Et ne nous mentons pas; elles nous oppressent.
Parlons-en. C’est (tellement) vrai, à chaque détour d’une rue, on risque sa peau à les croiser.
Ces sectes qui nous oppressent.
Parlant, marchant et respirant – avec le désespoir de l’énergie. Peut-être même osent-elles vivre dans la liberté qu’elles acquièrent dangereusement.
Ce sont des sectes, et elles nous oppressent.
Parlons entre nous d’elles, parlons pour couvrir leurs indécences buccales. Crions le politiquement correct parce qu’ils sont incorrects.
Ils. Elles. Ces sectes. Qui nous oppressent.
Parlons fort. Ces sectes minoritaires que nous la grande secte de la majorité méprisons, qui risquent de se prendre le coin acide de notre regard anguleux, marchant silencieusement dans la rue.
Parlons peu. Sommes-nous vivants parce que nous sommes normaux ? Posez la question de la normalité à ceux qui prétendent que oui. Et enterrez leur langue dans le tombeau de leur mutisme.
Parlons bien. Nous sommes vivants par le principe de notre âme, par le mouvement de notre corps.
Parlons enfin de ce qu’ils effectuent en espérant ne jamais nous croiser.
Vivant par là même qu’ils marchent, humains par là même où tu passes toi dans la rue.
Nous sommes une secte. Et nous les écrasons.
Arrêtons de parler. Nous n’est pas je, et je ne suis pas oppressée.
Je suis membre de la secte tellement secte qu’on a tous déclaré ne jamais vouloir clore les portes ouvertes.
Et toi, de quelle secte es-tu ?

Lyn

 

(Adresse de l’image : https://twitter.com/whizzpast/status/494443428097576960)

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